lundi 15 août 2016 | By: Dorian Lake

Isulka la Mageresse - La Pierre d'Isis - Book-trailer & Préco



Mon roman Isulka la Mageresse – La Pierre d’Isis sortira aux éditions Lune Écarlate le 20 septembre 2016. Le livre est en précommande aussi bien sur Amazon (version ebook ou papier) que chez Lune Écarlate (version papier puis numérique à la sortie).

Voici donc, en première, le Book-trailer (bande-annonce de livre) réalisé par la géniale Sandra Esteves. A regarder avec le son !


Les trois premiers chapitres sont disponibles gratuitement sur Wattpad ou Calameo. C’est l’occasion de vous faire une idée et voir si le style peut vous plaire.

La couverture, illustrée par Virginie Carquin et Nathy

Et un rappel du synopsis
 N'hésitez pas à en parler autour de vous, surtout si vous connaissez des amateurs de fantasy, d'aventures et de Belle-Epoque !
jeudi 21 juillet 2016 | By: Dorian Lake

Romans, nouvelles et projets - toutes les infos!

Dernière MAJ: Ma nouvelle Cancer Urbain a été acceptée par Brins d’éternité !



Quand j’ai repris l’écriture au début de l’année 2015, j’avais un petit projet de nouvelle, qui s’est transformé en petit projet de novella puis enfin en roman. Jusque-là, il n’y avait rien de très compliqué : c’était mon unique projet lorsque j’ai débuté mon blog, en Avril dernier.

Cinq mois plus tard, c’est la guerre des projets. J’en ai de partout, qu’ils soient courts ou longs et je pense que le lecteur qui passe sur mon blog doit avoir quelques difficultés à vraiment se figurer de quoi il en retourne. Sachez juste, cher lecteur, que nous restons dans les genres de la Science-Fiction, de l'Horreur, du Fantastique et de la Fantasy. Même si, je précise, j'aime le cross-genre et n'hésite pas à les mixer parfois inconfortablement.

C’est l’heure du point, avec cet article qu’il faudra vraisemblablement que je mette à jour de façon régulière.


Romans

Isulka la Mageresse : La Pierre d’Isis.

Le premier roman que j’ai un jour gratifié du mot fin reprend des personnages crées il y a maintenant des années dans le cadre du jeu de rôle. Le manuscrit, qui fait dans les 50000 mots, a été accepté par la maison d'édition Lune Écarlate, pour sa collection Lune Mécanique. Merci à Céline et à Nathy pour leur confiance!

Le roman sort le 20 septembre 2016, aussi bien en broché qu'en numérique et je participerai à quelques salons pour en faire la promotion. Vous pouvez suivre les actualités à ce sujet sur la page facebook du livre, que j'update régulièrement.

Vous pouvez aussi lire les premiers chapitres sur Wattpad.

Je vous remets le 4ème de couverture :

Isulka est une mageresse marginale, un peu vénale, mais surtout très endettée, vivotant en donnant des spectacles de magie dans des cabarets parisiens. Scipione est un spadassin vénitien comme on n'en fait plus, un reliquat du passé exilé de la Sérénissime, trahi par ses pairs et en quête de Vendetta.

Recrutés par un employeur anglais pour subtiliser une bague qu'on lui aurait dérobée, la mission se révèle sous un tout autre jour lorsqu'ils découvrent la valeur réelle et symbolique du joyau. Plus question pour Isulka et Scipione de travailler à prix bradés.

L'appât du gain les mènera de Paris au Caire, de coups bas en coupe-gorges, une course-poursuite s'engageant entre les protagonistes, des espions, des criminels et une inquiétante secte égyptienne...

Et accessoirement, il est déjà disponible à la précommande. Voici le lien Amazon (et oui, il est sur Amazon ! Je sais, tous les livres y sont, mais ça fait malgré tout quelque chose de voir son bébé référencé ainsi).

Love Bites

Changement d'époque et d'ambiance pour du contemporain fantastique traitant de sorcières et de vampires, avec un petit filtre noir et horrifique ainsi que des éléments de romance. J'y aborde notamment l'homosexualité, sans me focaliser sur le thème. Ce roman épisodique, dont la construction s'inspire des séries TV américaines, est disponible dans sa version premier jet sur Wattpad, où il peut être lu librement.

Il s'agit une nouvelle fois de personnages que j'ai eu l'occasion de jouer pendant des parties de jeu de rôle, en tout cas pour la majeure partie d'entre-eux.

Belle, insolente, sorcière et lesbienne, Taylor survit à San Francisco en tant que simple barmaid. Jake est un ancien-flic, à présent détective privé et passablement alcoolique. Enfin, Lionel est un vampire trop sûr de lui et peu habitué au rejet. Héros malgré eux, ils seront le dernier rempart contre les forces occultes et malfaisantes qui complotent dans les ténèbres.

Le pitch ressemble a de la bit-lit classique, mais les protagonistes sortent volontairement des clichés du genre, celui-ci n'étant habituellement pas ma tasse de thé (pas de fille super badass couchant tous les deux chapitres avec le bad boy aux dents longues). L'accent est mis sur les relations entre les nombreux personnages et leurs conflits, qui ne manquent pas de faire avancer une intrigue pleine de rebondissements (et ce sont surtout mes lecteurs qui me le disent!).

Ce projet qui devait être à la base une simple démo de mon style d'écriture est devenu un texte à part entière, qui est déjà plus long que tout ce que j'ai écrit sur Isulka.

Isullka la Mageresse : La Vieille Alliance.

Ce second tome des aventures d’Isulka nous fait suivre les mêmes personnages dans une nouvelle épopée qui se déroule dans les Highlands écossais. Le roman peut être lu seul et ne fait pas partie d’une trilogie ou autre forme de série. C’est une suite indépendante, se déroulant cette fois-ci en début 1889.

Le premier jet de mon roman est terminé, j'ai passé exactement deux semaines à la rédaction, qui incluent une semaine de congés où je n'ai fait que cela, dix heures par jour ou presque. Le cadre est plus intimiste que le précédent volet, mais les mythes et légendes ont toujours la part belle, même si je me suis permis plus de liberté. J'ai vraiment eu l'impression d'être en Écosse pendant cette écriture et j'espère que cela se ressentira aussi pour le lecteur.

J'avais eu plus de mal à écrire le synopsis que celui du premier tome, car je voulais à la fois garder ce qui avait marché dans la Pierre d’Isis tout en proposant un rythme et une structure différente.Pourtant, l'écriture a été très rapide et fluide, comme je l'avais beaucoup plus préparé. Malgré tout, plusieurs retournements de situation se sont installés d'eux-mêmes et ont chamboulé mes plans.

Le travail de relecture et de correction est terminé, en attendant en tout cas les corrections éditoriales. Sortie prévue en 2017.

Titre à venir – Roman ou novella futuriste horrifique

Je comptais participer au Nano-wrimo de 2015, avec les copains de Génération Ecriture. Le principe est, pendant le mois de Novembre, d’écrire 50000 mots en 30 jours. Pour aider, des sessions de discussion de groupe sont organisées pour motiver les participants et partager l’entrain.

Sauf que, après avoir écrit une trame qui me semblait intéressante, l'écriture ne s'est pas montrée à la hauteur et j'ai été déçu par ce que j'avais rédigé. Les thématiques m'ont paru superficielles et les scènes s'enchaînaient en se ressemblant. Je l'ai donc laissé de côté et j'y reviendrai sûrement un jour, car l'univers me plaît. Voici tout de même brièvement de quoi il en retourne:

Il s'agit d'un roman sordide et organique, bien loin de l’humour d’Isulka, dans un futur oppressant et effrayant. Comme d’habitude, les protagonistes sont des personnages que j’ai joués en jeu de rôle, ce qui me facilite la tâche et en dit long sur ma personnalité torturée. Je vous invite à découvrir, de loin et avant toute interprétation personnelle, le monde qui a donné genèse à ce projet.

Malheureusement, je ne peux pas en dire bien plus à ce stade, comme je dois un peu tout refaire. Ce sera toutefois mature, aux thématiques abrasives et dans un mélange de genre comme je les aime. Il y a le potentiel, à mon sens, de faire une œuvre sublime. Ou de me rater en beauté (pour l'instant c'est raté...) On en reparle ultérieurement !

 Titre à venir – Fanfiction Superman

J'ai fait une partie de jeu de rôle (oui, j'en fais beaucoup !) avec des amis où nous jouions les enfants de Superman, dix ans après sa mort. Et la mayonnaise a vraiment pris. Mon personnage, une jeune fille au style gothique et à grande gueule, m'a beaucoup plus. Elle avait une sœur jumelle, jouée par une autre joueuse, et le concept s'est montré riche.

Les thématiques seraient l'adolescence, la découverte et le contrôle des pouvoirs ainsi que la relation à l'autre, un peu comme un Smallville moderne, avec de nouveaux personnages. J'aime beaucoup
l'univers DC Comics, je lui trouve une profondeur et une maturité qui collent vraiment avec mes goûts.

Après, le risque est de ne jamais pouvoir publier ce texte, à cause des licences des personnages. Si je me lance dans le projet (sûrement sur Wattpad et en épisodique), je verrai le succès et, si celui-ci est au rendez-vous, je m'adapterai en conséquence.

Nouvelles


La Chute de Canniba – un Space-Peplum très Pulp

J’avais initialement publié la Chute de Canniba sur ce blog, en série épisodique. J’ai eu un retour de critiques positif et j’ai décidé, suivant des conseils avisés, de la retirer d’internet dans la vue d’une possible publication. Il y a d’ailleurs un appel à texte Pulp pour Juillet 2016 (j’ai le temps !) auquel je participerai bien, après un petit passage sur Cocyclics.

La Chute de Canniba nous place dans une antiquité de l’espace, Rome étant une civilisation qui s’étend sur des galaxies. Sertorius, un sénateur dissident, a fait sécession et les armées de l’Amirale Noire sont envoyées pour lui régler son compte. Sanglant, crû, violent et sexuel, c’est un péplum pulp dans l’espace qui s’inspire autant de Robert Howard que de Frank Miller ou Spartacus, tout en y incluant des éléments  très space opera. C’est spécial, on aime ou on déteste.

Pour la genèse, il s’agit d’un personnage que j’ai joué une fois, dans une partie de jeu de rôle Conan. J’ai extirpé Canniba de ce cadre et elle s’est véritablement révélée dans cette nouvelle. Je pense qu’il y aura des suites, car dans cette frénésie d’écriture qui m’a prise, j’ai posé les bases d’un univers riche et visuel qui méritera plusieurs itérations.



Cancer Urbain – du Noir dystopique

Changement de style, pour une longue nouvelle qui relate l’enquête d’Elijah Scott, un ancien militaire soupçonné d’un crime qu’il n’a pas commis. Ambiance film noir, dans un Boston rongé par des pluies acides et cancérigènes. L’Ouest des USA a fait sécession sous l’impulsion de grandes entreprises, ce qui a déchiré l’Amérique entre les États-Républicains d’un côté et les Corporatistes de l’au
tre. 15 ans après la défaire des Reps, la guerre a repris et, lentement, se profile une nouvelle défaite. L’Amérique dépeinte est fascisante, suffocante et raciste. Noir on a dit.

Cette nouvelle a été l’occasion de complètement changer ma façon de raconter une histoire. On ne suit qu’un seul protagoniste, d’un point de vue interne et unique. L’histoire est à la première personne, au présent et dans un langage familier, parlé et je l’espère immersif.

La nouvelle a été acceptée par la revue Brins d’Éternité et sera donc publiée au Québec !

Point genèse : Elijah Scott était un personnage du jeu Cthulhutech, un mix entre l’univers de Lovecraft et les Mechas. N’ayant évidemment aucuns droits sur ce jeu, j’ai changé de monde et j’ai oublié tout le côté fantastique et lovecraftien. Au final, l’univers me parle bien plus que celui du jeu, qui n’était pas parfait.


Autres

Court métrage - La Beauté mutilée

Un projet tout particulier réalisé dans le cadre d’un petit concours, dont je vous parlais déjà ici. J’ai donc écrit mon tout premier scenario, avec un logiciel spécialisé qui m’a cruellement fait refaire le tout deux ou trois fois, car assez différemment de mon Word natal.

Le scenario est horrifique, reprenant deux personnages torturés : Alexandra, une fille à papa mannequin qui sort d’un hôpital psychiatrique et Zachary, un photographe fetish traumatisé par le beau sexe. La relation est étrange, malsaine et nous entraine dans les abysses de la folie.

J’ai eu la bonne nouvelle qu’il avait été retenu par Génération Écriture. Je vais avoir quelques modifications à faire (j’attends encore le retour détaillé) et une fois cette étape franchie, peut-être qu’il trouvera la voie d’un apprenti réalisateur dans le cadre d’un court-métrage étudiant.
samedi 18 juin 2016 | By: Dorian Lake

Chronique Ciné - The Neon Demon

Point ciné !

Je suis allé voir The Neon Demon hier, dans une mini salle de Montparnasse, mal insonorisée et avec des voisins qui poussent au crime. Passons.
 
Résumé

Le film parle d'une jeune Top Model qui débarque à LA et découvre le milieu de la mode. Elle y rencontre d'autres mannequins, des photographes et une make-up artist un brin dérangé.

En regardant ce matin, j'ai remarqué qu'il s'agissait du même réalisateur que Drive, vous savez, ce film qu'il parle d'un conducteur de voitures mou du genou (et son acteur pouah pouah pouah), avec des dialogues au ralenti et des courses mortelles d'ennui ? J'aurais su, j'y aurais réfléchi à deux fois...

Mais bon, au moins Drive avait une bonne playlist.
 
Avis

J'attendais pas mal de ce film et j'en suis donc ressorti mitigé. C'est visuellement magnifique. Les jeux de lumières sont splendides, les costumes, le make-up, les couleurs, tout donne une image vive, colorée et morbide à la fois. Sur ce coup, c'est superbe et vaut le coup d’œil. Les musiques ne sont pas marquantes, mais elles collent : ce sont typiquement celles que l'on entendrait dans un défilé.

Les personnages principaux sont intéressants, les actrices jouent très bien, notamment Elle Fanning qui transcende l'écran, aussi bien en biche perdue qu'en prédatrice narcissique.

Mais le tout manque de liant. Des scènes gratuites et tirant en longueur suivent d'autres excellentes, les dialogues sonnent creux et manquent de profondeur, tout comme certains personnages.
J'ai l'impression que le réalisateur a trop compté sur son message et pas assez sur l'intrigue, qui pourtant avait du potentiel. Le film a pour but, si j'ai bien compris, de dénoncer le monde de la mode et la superficialité de notre époque. Pour moi, c'est raté. N'est pas Aronofsky ou Lynch qui veut.

Certaines scènes glauques mettent un peu mal à l'aise, mais d'autres font sourire (ce n'est pas voulu à mon avis). Là encore c'est dommage, car il y avait de l'idée, mais le manque de contexte nuit au film.

En résumé une œuvre un peu surréaliste, une image maîtrisée, une belle vision artistique, mais on reste dans le superficiel et le choquant nous provient plus des rares scènes horrifiques que d'un cheminement des personnages.

Dommage, le film avait du potentiel.
jeudi 19 mai 2016 | By: Dorian Lake

Pourquoi Écrire ?

Pourquoi j’écris est une des questions que l’on m’a déjà posée plusieurs fois et pour laquelle je n’ai pas de réponse simple et unifiée. Je pense qu’il y a beaucoup de raisons qui poussent un individu à prendre la plume et à poser les mots sur le papier (virtuel ou non) et répondre à cette question demande un peu d’introspection.

L’exercice vaut le détour et je vous le conseille également, car savoir pourquoi permettra de relativiser les attentes, les craintes et simplement de mieux se connaître.

Bien sûr, tout ce que j’écrirai dans cet article ne concerne que mes motivations personnelles, qui ne seront probablement pas partagées par beaucoup.

Commençons !


1/ Raconter une histoire

L’écriture représente pour moi un média pour créer des histoires. Je n’ai pas ce respect que vouent certains à la littérature et il ne s’agit pas d’une passion absolue.

C’est plutôt un moyen comme un autre, mais surtout que je maîtrise, pour exercer ma vraie passion : créer des personnages et des intrigues.

Voilà pourquoi pendant des années j’ai fait du jeu de rôle sans écrire, que j’aime le cinéma et les séries TV autant si ce n’est plus que les bouquins et que j’adore les jeux-vidéo et principalement ceux qui offrent le choix.

C’est aussi pour cela que j’aime le transmedia et que j’aimerais autant écrire des scenarios que des romans, nouvelles ou encore des jeux-vidéo.

La question de pourquoi j’aime raconter des histoires est un peu plus complexe par contre. Cela m’a d’ailleurs plus l’air d’un sujet de thèse que de de billet de blog : pourquoi les individus racontent-ils des histoires ?

Essayons-nous à l’exercice.

Tout d’abord, je comprends pourquoi j’aime voir, lire, entendre ou jouer des histoires : c’est une question de ressenti, d’empathie. Je comparerais cela aux sensations fortes : quel intérêt avons-nous à faire saut en parachute ou monter dans des montagnes russes ? À mon avis, cela fait ressentir des sensations, des émotions et l’émotion est la drogue de l’humanité.

Ressentir quelque chose de fort… que ne donnerait-on pas pour cela ? Et bien vivre l’espace d’un instant, par procuration, la vie de quelqu’un dont les émotions sont violentes et intenses, voilà quelque chose qui importe et qui touche.

Lorsque le héros risque sa vie, au bord du gouffre et du désespoir, mais qu’il trouve la force de lutter jusqu’au bout, c’est intense. Quand la jeune fille se trouve sur le pas de la porte du père disparu qu’elle vient enfin de retrouver, c’est intense. Quand l’héroïne se cache dans le placard alors qu’un tueur sadique la cherche dans la chambre, c’est intense.

Et c’est selon moi toutes ces émotions qui font que l’on aime tant les histoires.

Je vous laisse me contredire dans les commentaires si vous n’êtes pas d’accord avec ce point de vue !

Maintenant que nous avons vu pourquoi nous aimons vivre des histoires, que retire-t-on à en raconter soi-même ?

2/ Lutter contre la frustration

Créer des personnages et une intrigue capables de faire ressentir toutes ces émotions est complexe.
  •  Il faut que l’on puisse s’identifier aux personnages et le lien empathique demande du travail, car un personnage creux ne procure pas beaucoup d’émotion.
  •  L’intrigue doit être crédible et immersive, sinon l’esprit du lecteur/spectateur se rend compte que ce qu’il lit n’est pas réel, l’illusion se fissure et le plaisir diminue d’autant.
  • Le langage doit être élégant (que ce soit à l’écrit ou à la camera) et fluide, beau. La beauté fait aussi ressentir des émotions, qu’elle soit naturelle ou artificielle. Pour en revenir à l’écriture, plus la prose est belle (tout en restant accessible), plus le plaisir demeure.
Pour faire une métaphore érotique : le personnage, c’est le partenaire. Quand on tient à l’autre, l’acte amoureux prend une toute autre intensité. L’intrigue, c’est le contexte, le jeu, la technique, le passage à l’acte : s’il est toujours identique, il ennuie, tandis que s’il est bâclé, il perd en intérêt. Enfin, la prose, c’est la vue, les sens, l’appréciation de la beauté, l’intérêt esthétique de l’acte.

Raconter une histoire (et l’art en général) n’est pas si différent de l’acte amoureux. La finalité reste la même : l’émotion.

Mais le problème des histoires racontées par d’autres, c’est qu’elles nous mettent dans une situation de dépendance. Nous avons besoin que des artistes écrivent une histoire qui corresponde à nos attentes, ce qui arrive, bien sûr. Enfin, pour ma part c’est rare.

En général l’intrigue me déçoit, les personnages ne sont pas ce que moi j’aurais fait. Je ne dis rien sur la prose qui souvent me va tout à fait, mais même dans mes bouquins préférés il y a des passages, des détails qui m’ennuient. Puis, quand enfin je tombe sur un chef d’œuvre (plutôt en cinéma, séries et jeux-vidéo que bouquins, encore une fois), celui-ci se termine toujours. C’est comme un pot de Hagen-Dasz, c’est frustrant.

Voilà pourquoi je raconte des histoires. C’est le seul moyen pour ce qu’elles correspondent à mes attentes, à ce que je recherche, en tout égoïsme.

C’est très vrai avec le jeu de rôle par exemple : je crée des liens empathiques très forts avec les personnages que je joue en live pendant des dizaines d’heures. Pour reprendre ma métaphore douteuse, ce ne sont plus des partenaires d’un soir, mais des amants intenses. L’intrigue dépend encore cette fois d’autres personnes (joueurs ou maître du jeu), mais celle-ci est interactive, ce qui fait qu’il y a la même différence qu’entre conduire une voiture de course ou une borne d’arcade.

Et c’est aussi vrai avec l’écriture. Il s’agit du média où je me débrouille (contrairement au jeu-vidéo ou au cinéma) et du coup, je peux créer, à l’écrit, les histoires que j’aimerais lire.

Je ne suis plus dépendant d’autrui pour vivre des aventures et des émotions, car les personnages et les intrigues me correspondent parfaitement (ou presque…). Par contre, de fait, les émotions sont moins vives, car le plaisir de la surprise et de la découverte disparait au profit d’un contrôle de sa frustration.

Dans un monde idéal, j’oublierais ce que j’écris pour pouvoir m’y plonger moi-même, mais cela me semble compliqué.

3/ Se faire lire

Et là c’est étrange. Écrire, c’est donner de l’émotion à l’inconnu qu’est le lecteur. C’est livrer ce qui nous fait vibrer soi et espérer que l’autre le reçoive, l’apprécie et vibre aussi. J’avais déjà parlé dans cet article de l’étrange relation entre auteur et lecteur et la genèse de personnages qui en deviennent vivants.

Certains auteurs ont peur de l’autre et préfèrent un comité restreint, voire inexistant. D’autres veulent à tout prix être lus, quitte à ne plus parler que de ça.

Pour ma part, j’aime l’échange. Sur Wattpad, parler de mes histoires et de comment mes lectrices (et rares lecteurs) les reçoivent a quelque chose de grisant et de passionnant. Je me rends compte que j’écris beaucoup pour être lu et, en quelque sorte, offrir une expérience que je suis incapable de vivre pleinement moi-même avec mes histoires.

Dans un sens, je vis par procuration ce que les lectrices ressentent en vivant elles-mêmes par procuration les vies de mes personnages. La chaîne humaine de l’empathie !

Oui, l’art et l’être humain, quand on y réfléchit, sont sacrément tordus…


Voilà, d’un article juste censé expliqué que j’écris ce que j’aimerais lire, on en arrive à des discussions de philo. J’ai dû oublié de mentionner que j’adorais cela.

Vos commentaires sont les bienvenus, je pense que l’article s’y prête d’ailleurs très bien !