vendredi 9 septembre 2016 | By: Dorian Lake

Le jeu de rôle comme technique d'écriture

Présentation du jeu de rôle
 
On en parlait ici, mais reprenons depuis le début :
 
Crée en 1974 dans sa forme moderne, le jeu de rôle est une activité qui se situe quelque part entre le jeu de société et le théâtre d’improvisation. Dans un univers consensuel qui peut-être aussi bien dans le monde réel que dans un cadre SF, fantasy ou historique, les joueurs incarnent des personnages qu’ils ont définis de toutes pièces et, par la parole, définissent les actions de leur avatar. Les joueurs sont donc responsables d’un seul et unique personnage.
 
Un univers et des personnages ne suffisent pas à créer un récit et une histoire. C’est pour cela que l’un des joueurs incarnera l’ensemble de l’univers avec lequel interagiront les autres joueurs. On l’appelle le maître du jeu (MJ), le conteur ou encore le dungeon master. Il sera le référent de la partie et c’est lui qui aura la charge de proposer un scénario et, en gros, de mettre des embûches sur le chemin des personnages pour que ceux-ci avancent et créent du récit.
 
La plupart du temps, un livre de règle est là pour donner une base, un référent commun et cadrer le récit. On peut jouer sans livre et sans règles, mais un cadre s’avère souvent pratique, voire peut proposer des contextes grandioses.
 
L’essentiel d’une partie, qui peut durer de deux heures à toute une nuit, sera donc un échange continu entre les joueurs et le maître du jeu. Les joueurs poseront des questions et indiqueront ce qu’ils font, ils discuteront entre eux et prendront des décisions. Le maître du jeu adaptera le récit à leurs actions et jugera, souvent à l’aide de règles définies, de la réussite ou de l’échec de telle ou telle entreprise. Une histoire se crée, dépendant des uns ou des autres, regorgeant d’imprévus et d’idées plus ou moins géniales. Tout passe par les mots, comme un conte.
 
Un point à prendre en considération, toutefois, avant de se lancer corps et âmes dans cette activité : beaucoup de personnes différentes jouent de manière différente et avec des aspirations différentes à des jeux différents. Certains trouvent leur compte dans des combats stratégiques et épiques qui occuperont la majorité du temps, d’autres suivent de très près des règles et favorisent beaucoup la dimension jeu de société alors qu’enfin, certains savourent le développement de leur personnage et de l’intrigue. Faire des parties avec des personnes qui n’ont pas la même vision peut se révéler au mieux ennuyeux, au pire conflictuel. Je ne saurais que conseiller de discuter de leurs attentes avec les autres joueurs et de s’assurer que tout le monde est aligné avant de commencer.
 
NB : Il existe également une forme de jeu de rôle entièrement en ligne qui se pratique sur forums. Le principe est sensiblement le même : vous créez un personnage, vous écrivez ses actions et ses paroles et vous le confrontez à d’autres personnages. Tout le monde joue dans le même univers et des règles plus ou moins strictes ont été définies par les créateurs. Il en existe un nombre conséquent dont beaucoup se rapprochent de la fan-fiction. Si vous n’avez pas forcément le temps de pratiquer du jeu de rôle sur table ou que vous n’habitez pas dans une grande ville, c’est une alternative intéressante. Le conseil reste le même que pour le jeu de rôle : choisissez avec attention votre forum, il y a beaucoup d’ivraie et peu de bon grain.
 
Pas forcément mon approche, mais le moins pire que j'ai trouvé sur youtube... 
 
 
Les intérêts pour l’écrivain
 
Comme nous l’avons vu, il y a vraiment deux côtés dans une partie de jeu de rôle, celui de joueur et celui de maître du jeu, en tout cas dans sa forme la plus classique. L’écrivain pourra trouver son compte dans les deux rôles, ce que nous allons voir de ce pas.
 
Surprendre le lecteur
 
Lorsque vous endossez la casquette de MJ, vous prenez la charge d’écrire les bases d’une histoire, d’un scénario auquel les joueurs se confronteront. Vous devez donc faire exactement la même chose que lorsque vous écrivez : conter une mise en situation, des péripéties et une conclusion. La seule différence c’est que, dans le jeu de rôle, vous ne contrôlez pas les personnages principaux. C’est une aubaine.
 
En tant qu’auteur, vous avez votre façon de penser et de résoudre les problèmes. Votre échelle de valeur est la vôtre et elle a de fortes chances de se retrouver dans votre texte. Les réactions des personnages s’en trouveront, à un niveau ou un, dépendantes de votre personnalité. Lorsque vous posez un problème dans un livre, vous vous amusez à le résoudre vous-même, ce qui rend plus compliqué de trouver la réaction de quelqu’un qui découvre véritablement l’intrigue.
 
Mais, si vous confrontez à ces problématiques des joueurs qui jouent des personnages bien à eux, vous découvrirez des réactions parfois intelligentes, parfois stupides, mais résolument inattendues. Il arrivera même que la solution que vous aviez initialement prévue soit moins intéressante que les élucubrations que les joueurs élaboreront à la table de jeu. Vous en surprendrez votre lecteur, puisque vous-mêmes avez été surpris.
 
Dernier point, mais non des moindres, être maître du jeu, c’est raconter et structurer une histoire. Vous devrez intéresser de deux à cinq personnes pendant des heures, leur offrir du conflit, de la gloire, de la douleur, sans jamais les endormir. Ça s’apprend, ça ne coule pas toujours de source, mais c’est un entrainement fabuleux pour maîtriser le rythme d’une histoire. Et cette compétence a plus que son utilité dans l’écriture de fiction.
 
Créer des personnages riches et complets
 
Voilà l’un des points les plus intéressants dans la pratique du jeu de rôle : créer des personnages et les incarner. Ce n’est pas un exercice évident et les personnages que l’on crée à ses débuts ne sont probablement pas les plus justes et les plus intéressants. Par contre, avec un peu de pratique, on arrive à des résultats très prometteurs et surtout, jouer son personnage pendant de longues heures permet d’entrer dans sa tête et de prendre à cœur ses motivations comme aucune fiche de préparation ne le pourra jamais. D’ailleurs, pensez à un film : on pose souvent la question à l’acteur de ce qu’il pense de son personnage, des pensées de celui-ci, de ses réactions. Ce n’est pas au scénariste que l’on demande tout cela. Quand vous créez et jouez un personnage, vous êtes le scénariste (en tout cas pour la partie concernant uniquement votre personnage) et l’acteur.
 
Cadrer vos personnages par des fiches standardisées
 
On conseille souvent, pour l’écriture d’un roman, de créer des fiches de personnages qui regrouperaient leur apparence, leurs motivations, leurs liens familiaux etc. Les jeux de rôle vous vont faire de même, mais en y incluant une notion de compétence et d’expertise standardisées. En effet, dans un souci d’équité, tous les joueurs suivent les mêmes règles et ont les mêmes critères pour donner vie à un personnage. Cela peut-être d’une grande aide pour créer des personnages équilibrés et complets tout en évitant les trop grands experts.
 
L’exemple le plus parlant et l’un des plus efficace est le jeu Le Monde des ténèbres, des éditions White Wolf. Les fiches de personnages sont librement téléchargeables en ligne. Elles prennent entre dix et trente minutes à remplir. Vous avez donc des points à répartir entre des caractéristiques et d’autres, à répartir entre des compétences. Les caractéristiques représentent des attributs innés de votre personnage tels que la force, l’intelligence, le charisme. Elles s’étalonnent de un à cinq points, le un étant en-dessous de la moyenne humaine et le cinq en représentant le parangon, avec toutes les nuances au milieu. Le nombre de points limités vous pousse à faire des choix : voulez-vous un personnage moyen partout, ou qui ait des grandes forces et de grandes faiblesses ? C’est comme ça que vous créez un génie charismatique atteint d’une maladie chronique ou un stratège insensible au malheur des autres.
 
Mais l’analyse va plus loin car vous avez également des compétences à répartir, toujours sur une échelle qui va de moins un jusqu’à cinq (le négatif représente le manque absolue de pratique. Par exemple, si vous n’avez jamais crocheté de portes, même si vous essayez vous en serez incapable). Les compétences sont des talents acquis et non innés et ne sont pas toujours en adéquation avec les caractéristiques. Vous pouvez avoir quelqu’un d’une grande intelligence qui n’a jamais fait d’études et qui du coup sera doué malgré des lacunes, sans jamais égaler un professionnel.
 
Pour déterminer si un personnage est à l’aise ou non avec une action, il suffit d’additionner une compétence et une caractéristique et vous obtenez une échelle de valeur, de un à dix. Selon le contexte, on n’utilisera pas toujours le même duo caractéristique/compétence.
 
L’échelle en détail montre l’aptitude d’un personnage selon l’addition d’une caractéristique et d’une compétence, pour une action ou un type d’action donné :
 
1 Incapable
2 Inapte
3 Pas très bon
4 Moyen
5 Bon
6 Professionnel débutant
7 Professionnel senior
8 Expert
9 Maître
10 Maître absolu
 
Exemple :
 
Pour opérer un patient en salle de chirurgie, nous additionnerons la caractéristique intelligence à la compétence médecine.
 
Par contre, pour amputer une jambe d’un blessé pendant un abordage, ce sera plutôt la caractéristique dextérité, voire calme, avec cette même compétence médecine.
 
Cela permet de vraiment avoir une vue fine de ce que sait et peut faire un personnage selon les circonstances. Bien sûr, ce n’est pas toujours à appliquer à la lettre et, pour paraphraser un pirate célèbre, il s’agit plus d’un guide que d’un code. Ainsi, il sera tout à fait impossible de créer un personnage comme l’homme d’affaires/politicien/acteur/culturiste Arnold Schwarzenegger avec ce système.
 
Développer la personnalité de votre personnage
 
L’autre aspect de la fiche de personnage d’un roman, c’est la personnalité. Et là, le jeu de rôle ne se contentera pas de vous faire seulement écrire quelques lignes à ce sujet. Une fois que la partie débute, c’est à vous de prendre toutes les décisions de votre personnage et de vous exprimer comme si vous étiez lui.
 
NB : Votre personnage peut être très différent, même physiquement, de vous. Il n’est par exemple pas du tout contre-indiqué de jouer un personnage de sexe ou d’ethnie différent. Vous êtes un homme blanc et jouez une naine à la peau noire ? Parfait. Vous êtes un elfe bleu et vous jouez une humaine latino ? Encore mieux. Vous n’êtes en aucun cas limité et les joueurs feront la part des choses. Ça demande de l’imagination, certes, mais n’êtes-vous pas auteur ?
Vous pouvez jouer n'importe qui
 
 
C’est donc tout au long de la partie, qui dure en général quelques heures et, souvent, se poursuit de séances en séances pendants parfois plusieurs mois, que vous interprèterez votre personnage. Vous passerez votre temps à utiliser vos points forts pour trouver des solutions aux problèmes que vous propose le maître du jeu tout en créant du relationnel avec les autres personnages joueurs ou ceux que créera le MJ.
 
L’apport pour le développement de sa personnalité et de son histoire est conséquent. À force de le jouer, tout ce qui le concerne deviendra comme seconde nature, évident et instinctif. Vous aurez une idée précise de la façon dont il se comporte dans chaque situation et n’aurez jamais à vous demander s’il réagit logiquement et en accord avec ce que vous aviez défini. Tout se fera d’instinct et naturellement.
 
Jouer votre personnage vous permet aussi de corriger ce qui ne va pas. Vous pensiez qu’être muet serait intéressant et révolutionnaire, mais en le jouant cela vous ennuie au possible ? Mieux vaut s’en rendre compte maintenant que plus tard, au milieu d’un roman. Car oui, tous vos personnages ne seront pas géniaux. Certains laisseront une empreinte indélébile dans votre imaginaire alors que d’autres s’évanouiront aussi aisément que le souvenir d’un blockbuster dans saveur.
 
Cette sélection naturelle vous évitera de proposer des personnages ennuyeux dans vos récits, alors que certains que vous n’aviez pas forcément imaginés forts au début se révéleront d’un intérêt sans faille. Tout cela, sans attendre votre centième page de roman. Bien sûr, certains personnages moyens en JDR peuvent être intéressants à l'écrit et réciproquement, mais ça n'arrive pas souvent...
 
Le seul inconvénient, car il y en a un, c’est que créer un personnage et le développer prend du temps. Il faut le jouer, pendant des heures, pour que cela ait un intérêt. On n’est plus dans de l’immédiat et, s’il vous manque un personnage au moment de l’écriture, ça ne vous aidera pas. Par contre, même si un personnage a été créé dans un contexte particulier, rien n’empêche de l’en extirper et de le placer dans un nouvel univers de votre création. Par exemple, si vous jouez un jedi à Star Wars, vous ne pourrez évidemment pas reprendre les concepts appartenant à Disney. Cependant, ce même personnage aura peut-être un intérêt dans un récit historique en Extrême-Orient, où les valeurs de paix et d’harmonie intérieure sont très proches de celles des jedi. Une fois qu’un bon personnage existe, le placer dans un nouveau contexte n’est pas si compliqué que cela.
 
Voyez, il en faut pas beaucoup pour changer de cadre (parfois)
Développer les relations sociales des personnages
 
Dernier point, et cette fois nous nous intéresserons à un jeu de rôle assez particulier, à savoir Smallville RPG. Ne soyez pas dubitatif, malgré le nom qui fait très fan-club-de-série-pour-ado et le design amateur du livre de règles, ce jeu est unique et relève de la merveille. Il est hélas, à ma connaissance, uniquement disponible en anglais et a été intégré le système Cortex, disponible sur le site de Margareit Weis.
 
Okay, c'est moche. Mais l'habit ne fait pas le moine, tout ça...
 
Ce que Smallville fait, c’est qu’il ne propose plus de jouer sur les compétences et les connaissances des personnages, mais sur l’aspect social. La création du personnage ne se fait donc pas seul, dans son coin, mais en même temps que les autres joueurs. Le tout se déroule sur une sorte de toile des relations où l’on inscrit le nom de ses personnages dans l’une des extrémités du papier (de préférence en A3).
 
Pendant plusieurs étapes qui se suivent, nous définissons un lien avec soit un personnage ou un lieu existant, soit un nouveau personnage ou lieu.
 
Par exemple, le joueur 1 a dit que son personnage avait une ex-petite amie avec qui ça se passe mal. Il a donc inscrit quelque part sur la feuille A3 le nom de cette jeune fille et une flèche la reliant à son personnage, flèche sur laquelle il a écrit « ex à problèmes ». Quand vient votre tour, vous pouvez dire que vous avez eu une relation avec cette même petite amie, ou alors qu’elle est votre sœur et vous ferez une seconde flèche qui reliera cette jeune fille à votre personnage.
 
C’est aussi possible avec un lieu : le joueur 1, toujours lui, écrit de la même manière que son personnage travaille dans un bar. Classique. À votre tour, vous pouvez très bien écrire que c’est le bar où sont morts vos parents. Voilà, en deux mots vous avez des points de récit intéressant : un personnage sera assez mal à l’aise dans ce lieu, car ses parents y sont morts tragiquement. Pourquoi continuera-t-il de s’y rendre ? Pour enquêter ? Par amitié pour l’autre personnage qui travaille ? Où est-ce que au contraire il soupçonne ce personnage d’être responsable ? Veut-il se venger ? Plein de questions, que seules deux petites flèches et un bar nous font nous poser. Et il y en a beaucoup, des flèches.
 
Ainsi, à chaque étape, la toile se tisse et s’étoffe, reliant entre eux les protagonistes, les antagonistes potentiels et des nœuds de scénario. Tout est interconnecté, de manière plus ou moins fine et c’est tout un tas d’intrigues principales et secondaires qui se tiennent à porter de la main. Bien sûr, dans un jeu de rôle, chaque joueur prépare son propre protagoniste mais, si vous faites cet exercice seul pour votre roman, vous pouvez créer un univers complexe et réactif où chaque relation a une justification. Vous avez un écosystème prêt à prendre vie.
 
Le résultat final peut faire peur quand il est sorti de son contexte, mais voilà à quoi ça peut ressembler une fois fini :
  
Cliquer pour élargir
 
En conclusion
 
Vous l’avez vu, le jeu de rôle et l’écriture de fiction ont au final exactement le même but : raconter une histoire. Ce n’est donc pas tout à fait incongru qu’ils aient des liens et que la pratique de l’un puisse aider à celle de l’autre. Ce n’est bien sûr pas suffisant et ce n’est pas en devenant rôliste que vous deviendrez un écrivain de génie (ou même un écrivain tout court). Malgré tout, le temps et l’imagination que vous donnez à ces jeux pourra vous être bien utile dans la création de vos personnages et dans la structure de vous histoires. Et puis, avouez-le : vous avez toujours rêvé d’être l’un de vos héros.
Quelques ressources du web :
 
  • Le site de l’association Tenebrae comprend un certain nombre d’aides de jeu qui pourront vous permettre de vous lancer ainsi que des fiches à imprimer pour vos personnages : http://www.tenebrae-mundis.com/telecharger
  • Si vous voulez vous lancer dans le jeu de rôle mais ne savez pas forcément avec qui, l’association Opale Rôliste est idéale. De nombreuses parties, en île de France et en régions, s’organisent sur le forum : http://forum.opale-roliste.com/
  • Le site en anglais de Margaret Weis, qui propose le système Cortex de Smallville RPG : http://www.margaretweis.com/shop
Cet article a d'abord été publié dans le webzine de Génération Ecriture. Vous pouvez le télécharger gratuitement ici.

lundi 15 août 2016 | By: Dorian Lake

Isulka la Mageresse - La Pierre d'Isis - Book-trailer & Préco



Mon roman Isulka la Mageresse – La Pierre d’Isis sortira aux éditions Lune Écarlate le 20 septembre 2016. Le livre est en précommande aussi bien sur Amazon (version ebook ou papier) que chez Lune Écarlate (version papier puis numérique à la sortie).

Voici donc, en première, le Book-trailer (bande-annonce de livre) réalisé par la géniale Sandra Esteves. A regarder avec le son !


Les trois premiers chapitres sont disponibles gratuitement sur Wattpad ou Calameo. C’est l’occasion de vous faire une idée et voir si le style peut vous plaire.

La couverture, illustrée par Virginie Carquin et Nathy

Et un rappel du synopsis
 N'hésitez pas à en parler autour de vous, surtout si vous connaissez des amateurs de fantasy, d'aventures et de Belle-Epoque !
jeudi 21 juillet 2016 | By: Dorian Lake

Romans, nouvelles et projets - toutes les infos!

Dernière MAJ: Ma nouvelle Cancer Urbain a été acceptée par Brins d’éternité !



Quand j’ai repris l’écriture au début de l’année 2015, j’avais un petit projet de nouvelle, qui s’est transformé en petit projet de novella puis enfin en roman. Jusque-là, il n’y avait rien de très compliqué : c’était mon unique projet lorsque j’ai débuté mon blog, en Avril dernier.

Cinq mois plus tard, c’est la guerre des projets. J’en ai de partout, qu’ils soient courts ou longs et je pense que le lecteur qui passe sur mon blog doit avoir quelques difficultés à vraiment se figurer de quoi il en retourne. Sachez juste, cher lecteur, que nous restons dans les genres de la Science-Fiction, de l'Horreur, du Fantastique et de la Fantasy. Même si, je précise, j'aime le cross-genre et n'hésite pas à les mixer parfois inconfortablement.

C’est l’heure du point, avec cet article qu’il faudra vraisemblablement que je mette à jour de façon régulière.


Romans

Isulka la Mageresse : La Pierre d’Isis.

Le premier roman que j’ai un jour gratifié du mot fin reprend des personnages crées il y a maintenant des années dans le cadre du jeu de rôle. Le manuscrit, qui fait dans les 50000 mots, a été accepté par la maison d'édition Lune Écarlate, pour sa collection Lune Mécanique. Merci à Céline et à Nathy pour leur confiance!

Le roman sort le 20 septembre 2016, aussi bien en broché qu'en numérique et je participerai à quelques salons pour en faire la promotion. Vous pouvez suivre les actualités à ce sujet sur la page facebook du livre, que j'update régulièrement.

Vous pouvez aussi lire les premiers chapitres sur Wattpad.

Je vous remets le 4ème de couverture :

Isulka est une mageresse marginale, un peu vénale, mais surtout très endettée, vivotant en donnant des spectacles de magie dans des cabarets parisiens. Scipione est un spadassin vénitien comme on n'en fait plus, un reliquat du passé exilé de la Sérénissime, trahi par ses pairs et en quête de Vendetta.

Recrutés par un employeur anglais pour subtiliser une bague qu'on lui aurait dérobée, la mission se révèle sous un tout autre jour lorsqu'ils découvrent la valeur réelle et symbolique du joyau. Plus question pour Isulka et Scipione de travailler à prix bradés.

L'appât du gain les mènera de Paris au Caire, de coups bas en coupe-gorges, une course-poursuite s'engageant entre les protagonistes, des espions, des criminels et une inquiétante secte égyptienne...

Et accessoirement, il est déjà disponible à la précommande. Voici le lien Amazon (et oui, il est sur Amazon ! Je sais, tous les livres y sont, mais ça fait malgré tout quelque chose de voir son bébé référencé ainsi).

Love Bites

Changement d'époque et d'ambiance pour du contemporain fantastique traitant de sorcières et de vampires, avec un petit filtre noir et horrifique ainsi que des éléments de romance. J'y aborde notamment l'homosexualité, sans me focaliser sur le thème. Ce roman épisodique, dont la construction s'inspire des séries TV américaines, est disponible dans sa version premier jet sur Wattpad, où il peut être lu librement.

Il s'agit une nouvelle fois de personnages que j'ai eu l'occasion de jouer pendant des parties de jeu de rôle, en tout cas pour la majeure partie d'entre-eux.

Belle, insolente, sorcière et lesbienne, Taylor survit à San Francisco en tant que simple barmaid. Jake est un ancien-flic, à présent détective privé et passablement alcoolique. Enfin, Lionel est un vampire trop sûr de lui et peu habitué au rejet. Héros malgré eux, ils seront le dernier rempart contre les forces occultes et malfaisantes qui complotent dans les ténèbres.

Le pitch ressemble a de la bit-lit classique, mais les protagonistes sortent volontairement des clichés du genre, celui-ci n'étant habituellement pas ma tasse de thé (pas de fille super badass couchant tous les deux chapitres avec le bad boy aux dents longues). L'accent est mis sur les relations entre les nombreux personnages et leurs conflits, qui ne manquent pas de faire avancer une intrigue pleine de rebondissements (et ce sont surtout mes lecteurs qui me le disent!).

Ce projet qui devait être à la base une simple démo de mon style d'écriture est devenu un texte à part entière, qui est déjà plus long que tout ce que j'ai écrit sur Isulka.

Isullka la Mageresse : La Vieille Alliance.

Ce second tome des aventures d’Isulka nous fait suivre les mêmes personnages dans une nouvelle épopée qui se déroule dans les Highlands écossais. Le roman peut être lu seul et ne fait pas partie d’une trilogie ou autre forme de série. C’est une suite indépendante, se déroulant cette fois-ci en début 1889.

Le premier jet de mon roman est terminé, j'ai passé exactement deux semaines à la rédaction, qui incluent une semaine de congés où je n'ai fait que cela, dix heures par jour ou presque. Le cadre est plus intimiste que le précédent volet, mais les mythes et légendes ont toujours la part belle, même si je me suis permis plus de liberté. J'ai vraiment eu l'impression d'être en Écosse pendant cette écriture et j'espère que cela se ressentira aussi pour le lecteur.

J'avais eu plus de mal à écrire le synopsis que celui du premier tome, car je voulais à la fois garder ce qui avait marché dans la Pierre d’Isis tout en proposant un rythme et une structure différente.Pourtant, l'écriture a été très rapide et fluide, comme je l'avais beaucoup plus préparé. Malgré tout, plusieurs retournements de situation se sont installés d'eux-mêmes et ont chamboulé mes plans.

Le travail de relecture et de correction est terminé, en attendant en tout cas les corrections éditoriales. Sortie prévue en 2017.

Titre à venir – Roman ou novella futuriste horrifique

Je comptais participer au Nano-wrimo de 2015, avec les copains de Génération Ecriture. Le principe est, pendant le mois de Novembre, d’écrire 50000 mots en 30 jours. Pour aider, des sessions de discussion de groupe sont organisées pour motiver les participants et partager l’entrain.

Sauf que, après avoir écrit une trame qui me semblait intéressante, l'écriture ne s'est pas montrée à la hauteur et j'ai été déçu par ce que j'avais rédigé. Les thématiques m'ont paru superficielles et les scènes s'enchaînaient en se ressemblant. Je l'ai donc laissé de côté et j'y reviendrai sûrement un jour, car l'univers me plaît. Voici tout de même brièvement de quoi il en retourne:

Il s'agit d'un roman sordide et organique, bien loin de l’humour d’Isulka, dans un futur oppressant et effrayant. Comme d’habitude, les protagonistes sont des personnages que j’ai joués en jeu de rôle, ce qui me facilite la tâche et en dit long sur ma personnalité torturée. Je vous invite à découvrir, de loin et avant toute interprétation personnelle, le monde qui a donné genèse à ce projet.

Malheureusement, je ne peux pas en dire bien plus à ce stade, comme je dois un peu tout refaire. Ce sera toutefois mature, aux thématiques abrasives et dans un mélange de genre comme je les aime. Il y a le potentiel, à mon sens, de faire une œuvre sublime. Ou de me rater en beauté (pour l'instant c'est raté...) On en reparle ultérieurement !

 Titre à venir – Fanfiction Superman

J'ai fait une partie de jeu de rôle (oui, j'en fais beaucoup !) avec des amis où nous jouions les enfants de Superman, dix ans après sa mort. Et la mayonnaise a vraiment pris. Mon personnage, une jeune fille au style gothique et à grande gueule, m'a beaucoup plus. Elle avait une sœur jumelle, jouée par une autre joueuse, et le concept s'est montré riche.

Les thématiques seraient l'adolescence, la découverte et le contrôle des pouvoirs ainsi que la relation à l'autre, un peu comme un Smallville moderne, avec de nouveaux personnages. J'aime beaucoup
l'univers DC Comics, je lui trouve une profondeur et une maturité qui collent vraiment avec mes goûts.

Après, le risque est de ne jamais pouvoir publier ce texte, à cause des licences des personnages. Si je me lance dans le projet (sûrement sur Wattpad et en épisodique), je verrai le succès et, si celui-ci est au rendez-vous, je m'adapterai en conséquence.

Nouvelles


La Chute de Canniba – un Space-Peplum très Pulp

J’avais initialement publié la Chute de Canniba sur ce blog, en série épisodique. J’ai eu un retour de critiques positif et j’ai décidé, suivant des conseils avisés, de la retirer d’internet dans la vue d’une possible publication. Il y a d’ailleurs un appel à texte Pulp pour Juillet 2016 (j’ai le temps !) auquel je participerai bien, après un petit passage sur Cocyclics.

La Chute de Canniba nous place dans une antiquité de l’espace, Rome étant une civilisation qui s’étend sur des galaxies. Sertorius, un sénateur dissident, a fait sécession et les armées de l’Amirale Noire sont envoyées pour lui régler son compte. Sanglant, crû, violent et sexuel, c’est un péplum pulp dans l’espace qui s’inspire autant de Robert Howard que de Frank Miller ou Spartacus, tout en y incluant des éléments  très space opera. C’est spécial, on aime ou on déteste.

Pour la genèse, il s’agit d’un personnage que j’ai joué une fois, dans une partie de jeu de rôle Conan. J’ai extirpé Canniba de ce cadre et elle s’est véritablement révélée dans cette nouvelle. Je pense qu’il y aura des suites, car dans cette frénésie d’écriture qui m’a prise, j’ai posé les bases d’un univers riche et visuel qui méritera plusieurs itérations.



Cancer Urbain – du Noir dystopique

Changement de style, pour une longue nouvelle qui relate l’enquête d’Elijah Scott, un ancien militaire soupçonné d’un crime qu’il n’a pas commis. Ambiance film noir, dans un Boston rongé par des pluies acides et cancérigènes. L’Ouest des USA a fait sécession sous l’impulsion de grandes entreprises, ce qui a déchiré l’Amérique entre les États-Républicains d’un côté et les Corporatistes de l’au
tre. 15 ans après la défaire des Reps, la guerre a repris et, lentement, se profile une nouvelle défaite. L’Amérique dépeinte est fascisante, suffocante et raciste. Noir on a dit.

Cette nouvelle a été l’occasion de complètement changer ma façon de raconter une histoire. On ne suit qu’un seul protagoniste, d’un point de vue interne et unique. L’histoire est à la première personne, au présent et dans un langage familier, parlé et je l’espère immersif.

La nouvelle a été acceptée par la revue Brins d’Éternité et sera donc publiée au Québec !

Point genèse : Elijah Scott était un personnage du jeu Cthulhutech, un mix entre l’univers de Lovecraft et les Mechas. N’ayant évidemment aucuns droits sur ce jeu, j’ai changé de monde et j’ai oublié tout le côté fantastique et lovecraftien. Au final, l’univers me parle bien plus que celui du jeu, qui n’était pas parfait.


Autres

Court métrage - La Beauté mutilée

Un projet tout particulier réalisé dans le cadre d’un petit concours, dont je vous parlais déjà ici. J’ai donc écrit mon tout premier scenario, avec un logiciel spécialisé qui m’a cruellement fait refaire le tout deux ou trois fois, car assez différemment de mon Word natal.

Le scenario est horrifique, reprenant deux personnages torturés : Alexandra, une fille à papa mannequin qui sort d’un hôpital psychiatrique et Zachary, un photographe fetish traumatisé par le beau sexe. La relation est étrange, malsaine et nous entraine dans les abysses de la folie.

J’ai eu la bonne nouvelle qu’il avait été retenu par Génération Écriture. Je vais avoir quelques modifications à faire (j’attends encore le retour détaillé) et une fois cette étape franchie, peut-être qu’il trouvera la voie d’un apprenti réalisateur dans le cadre d’un court-métrage étudiant.